Notre histoire

Origines

Le musée est situé au centre-ville de Baie-Saint-Paul dans le cœur de son quartier culturel qui est réputé pour ses nombreuses galeries et les monuments dédiés aux artistes qui en ont fait la renommée. Le site qu’il occupe est celui d’un ancien cinéma, Le Laurentien, qui accueillait aussi d’autres activités artistiques. Durant la période d’après-guerre, il était devenu un lieu où se produisaient des spectacles régionaux et les troupes théâtrales itinérantes du Québec. L’époque des Olivier Guimond, des boulevards qui faisaient oublier aux gens le fardeau du quotidien.

 

Inauguration

Au milieu des années 80, la Corporation du Centre d’art, qui avait déjà su capter l’intérêt du milieu des arts visuels, décide de lancer une campagne de souscription populaire. Une somme de 100 000 $ est ainsi recueillie. Elle servira à mener à terme le grand projet : celui d’ériger un centre d’exposition d’envergure nationale consacré aux activités artistiques et culturelles dans la région de Charlevoix. Sous la gouverne de sa fondatrice, Madame Françoise Labbé, et avec la concertation des différentes instances gouvernementales, le nouvel édifice sera érigé sur le site du cinéma Laurentien devenu trop vétuste pour être conservé. C’est le 24 juin 1992, en présence d’une foule nombreuse, qu’il sera inauguré.

 

Architecture

Signé Pierre Thibault, récipiendaire d’un premier prix d’architecture du Québec, le Musée est lui-même une œuvre d’art. Son élégante façade fait écho aux proportions classiques se déployant selon des rythmes savamment modulés. L’église qui lui fait face s’y introduit par d’immenses pans de verre. Il faut absolument le visiter pour apprécier la grande dimension de ses salles, particulièrement de celle qui porte désormais le nom de sa fondatrice. Son volume correspond à celui de la salle du cinéma d’origine. Un clin d’œil au passé.

 

Mission

Le Musée a présenté jusqu’à nos jours de grandes expositions. Il faut rappeler la visite de Riopelle et son célèbre canot suspendu au plafond de la salle qui a été vu en 1998 par des milliers de visiteurs. Le Symposium international d’art contemporain lui a légué une collection exceptionnelle qui rappelle le passage de plus de 400 artistes venus de toutes les parties du monde. La Corporation du Centre d’art lui a apporté une précieuse collection patrimoniale. De grands noms qui s’inscrivent dans l’histoire de la peinture au Québec : George D. Pepper, Kathleen Daly, René Richard, les sœurs Bolduc et plusieurs autres.
C’est le 13 juin 2008 que la Ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, Madame Christine Saint-Pierre, a annoncé la décision d’accorder la reconnaissance muséale. La Ministre soulignait, dans la décision, la qualité du travail des équipes du Musée et celle des expositions qui y sont présentées. Une page de l’histoire de Baie-Saint-Paul était ainsi tournée.
Le Musée d’art contemporain de Baie Saint-Paul a pour mission de faire connaître, promouvoir et conserver l’art contemporain par des activités de conservation, d’acquisition et de diffusion de l’art en accordant une constance à la tradition de renouveau et d’avant-garde qui, depuis 1947 jusqu’à nos jours, privilégie les créateurs contemporains ouverts aux manifestations émergentes.

 

Pavillons du MACBSP

Le Pavillon Françoise-Labbé du MACBSP

C’est avec grande fierté et émotion que le MACBSP nomma en 2018, son pavillon principal, en hommage à sa fondatrice Françoise Labbé.

Native de Baie-Saint-Paul (1933), Françoise Labbé, fut tout au long de sa vie, une ardente porte-parole pour la reconnaissance de Baie-Saint-Paul comme haut-lieu des arts visuels au Québec et au Canada. Au tournant des 19e et 20e siècles, grâce à son site exceptionnel et à sa lumière unique, Baie-Saint-Paul devint le creuset de la peinture de paysage au Canada. Des peintres réputés, tels Clarence A. Gagnon, Marc-Aurèle Fortin ou encore Arthur Lismer et A.Y. Jackson y séjournèrent, été comme hiver, pour immortaliser ses paysages majestueux. Madame Labbé a souhaité inscrire cette tradition dans l’identité-même de Baie-Saint-Paul.

Formée comme artiste et diplômée de l’École de Beaux-arts de Québec en 1955, elle entreprit des études perfectionnement à l’Atelier 17 de Stanley William Hayter à Paris. Né à Londres en 1901, Hayter s’est établi à Paris et fut reconnu comme peintre, mais surtout pour avoir modernisé la gravure. Plusieurs artistes importants, dont Jackson Pollock, Pierre Alechinsky, Mark Rothko et Jean-Paul Riopelle sont passés par l’Atelier 17. Après sa formation, Françoise Labbé participe notamment aux expositions Réalités nouvelles à Paris (1967), à la Biennale de Seattle (1966), à la Biennale de Cracovie et à la Biennale de Ljubljana en ex-Yougoslavie.  Elle fut associée à plusieurs autres expositions collectives et personnelles à Paris, à Montréal et à Ottawa.

De retour à Baie-Saint-Paul Françoise Labbé dirigera, de 1979 à 2001, le Centre d’art de Baie-Saint-Paul, qui deviendra plus tard le Carrefour culturel Paul-Médéric. Concurremment, en 1992, Françoise Labbé fonde le Centre national d’exposition de Baie-Saint-Paul, qui établira ses quartiers sur le site de l’ancien cinéma Laurentien, dans un nouvel édifice, conçu par l’architecte Pierre Thibault. Le futur Musée reprend les volumes et les angles de la salle de cinéma. Avant même la création du Centre d’exposition, Françoise Labbé fonde en 1982, le Symposium de la nouvelle peinture au Canada. Événement par lequel Madame Labbé désirait souligner les talents de la relève en peinture de la région de Charlevoix et du Canada. L’aréna municipal de Baie-Saint-Paul a accueilli le Symposium de 1982 à 2017.

Le Pavillon Jacques Saint-Gelais Tremblay du MACBSP

Le Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul a rendu hommage en 2018 à Jacques Saint-Gelais Tremblay en désignant l’École Thomas-Tremblay, au nom de celui qui a mené à terme l’acquisition et l’embellissement de ce nouveau pavillon, grâce entres autres, aux mécènes qu’il a pu rassembler.

Né il y a soixante-huit ans à Baie-Saint-Paul, Jacques Saint-Gelais Tremblay fut l’un des protagonistes incontournables du développement culturel de Charlevoix. En 1967, à titre d’animateur culturel, il contribua à la mise sur pied d’une boîte à chanson du Festival folklorique de Baie-Saint-Paul pour devenir le premier permanent culturel de Charlevoix à titre de directeur du nouveau centre culturel. Après ces initiatives, il quitte Baie-Saint-Paul en 1975. Il œuvre en politique, puis devint tour à tour commissaire aux libérations conditionnelles et directeur de l’Institut de Conciergerie international de Paris. C’est à Paris que débute son apprentissage de l’art contemporain et qu’il en eut la piqûre définitive.

En 2006, à la demande du Ministère de la Culture, Jacques revient à Baie-Saint-Paul pour une période de six mois pour assumer l’intérim de la direction du Centre d’exposition qui traversait une difficile période de transition. Les six mois se transformèrent en treize années à la direction générale du MACBSP. Sous sa gouverne le Centre d’exposition de Baie-Saint-Paul obtint l’accréditation du Gouvernement du Québec et devint le Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul (MACBSP). Jacques Saint-Gelais Tremblay souhaitait refonder l’institution créée par Françoise Labbé et lui donner un élan vers l’avenir en s’appuyant sur le passé et sur les objectifs initiaux de l’institution.  C’est sous sa gouverne qu’on redirigea la mission du Musée qui fut désormais consacré exclusivement à l’art contemporain.

Une réorganisation importante du Symposium annuel, maintenant nommé : « Le Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul » (SIACBSP), fut mise en place avec l’aide du Conseil des arts et des lettres du Québec. À l’instar de Françoise Labbé, Jacques Saint-Gelais Tremblay désirait inscrire Baie-Saint-Paul comme un haut lieu des arts visuels au Québec, tout en conservant l’équilibre, parfois fragile, entre les artistes de la région de Charlevoix et ceux provenant de l’extérieur.

Françoise Labbé avait souhaité faire de l’École Thomas-Tremblay, une École Nationale du Tissage. Ce projet ne vit jamais le jour. Mais dès 2008, Jacques Saint-Gelais Tremblay, convaincu que ce bâtiment jouxtant l’arrière du MACBSP, devait être intégré au Musée, alla à la rencontre des commissions scolaires de la région, des hommes et des femmes politiques, des gens d’affaires et de tous les intervenants importants, pour les convaincre du bien-fondé de l’acquisition de cette école primaire désertée. Jacques voulait rendre le MACBSP encore plus significatif pour la communauté et surtout donner un toit permanent au Symposium abrité jusqu’alors à l’aréna municipal. Ce rêve devint réalité en 2018. Le Symposium y tint sa toute nouvelle édition sous la thématique L’Art et le Politique. L’événement fut un succès autant populaire que critique. Un grand nombre de résidants de Baie-Saint-Paul vinrent à l’École Thomas-Tremblay pour revoir le lieu et les classes qu’ils avaient fréquentées, comme le directeur Jacques Saint-Gelais Tremblay qui la fréquenta également. Le symposium s'y tiendra désormais à chaque année.

Venez découvrir des oeuvres uniques