Entre louves et aigles


Entre louves et aigles

Josiane Lanthier et Gabrielle Lajoie-Bergeron

Entre louves et aigles s’intéresse aux divisions territoriales psychologiques ou figurées s’établissant entre des entités – pays, villages, personnes. Le projet prend racines dans les paysages escarpés et les courants d’eau de Charlevoix pour doucement se diriger vers des réflexions sur les manières dont nous (co)habitons, partageons et protégeons ces mêmes espaces. Et si, pour un instant, nous repensions notre territoire au-delà de ses lignes cartographiées bien découpées? Si nous le parcourions plutôt via ses récits fondateurs, ses légendes, ses personnages marquants, ses recettes, sa faune et sa flore?

Entre louves et aigles s’amuse à redessiner les frontières, à repenser les armoiries, blasons et emblèmes régionaux. Des mines riches de symboles à déconstruire. Une réactualisation de signes, devises et couleurs. C’est un dialogue visuel logé dans le creux des vallons, jalonnant les contours du cratère. De manière poétique et texturée, nous questionnons ces rapports de force, de rivalité et de pouvoir qui incitent aux ‘’guerres de clochers’’ qui sont, à petite échelle, les miroirs d’événements de plus vaste ampleur dans notre société. Que signifient désormais ces animaux emblématiques associés à la virilité et la protection? En quoi ces emblèmes territoriaux issus de légendes et de faits historiques s’adaptent-ils aux temps actuels? Ces clivages, souvent liés à la peur de l’inconnu ou de l’Autre, forgent encore aujourd’hui les esprits et transmettent de manière invisible des stéréotypes et des réalités parfois erronés. L’intention n’est pas de mettre de l’avant les divisions mais tente plutôt de présenter la force de l’union et du vivre ensemble. Il y est question des ouï-dire, des commérages, des pouvoirs, mais aussi de liberté, de grand air et d’espaces sauvages à en donner le vertige.

En sous-titre, il est aussi question de notre relation au territoire sauvage et à sa relation au féminin. Historiquement marché, chassé, possédé et défendu par des hommes, nous interrogeons son occupation au féminin. Comment insuffler dans ses images/objets rigides une touche de domestique et de fait-main?

 

Merci au Conseil des arts et des lettres du Québec, la MRC de Charlevoix, au Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul et au Musée de Charlevoix pour leur soutien.

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